Caryl Phillips

Caryl Phillips

Caryl Phillips est l’un des principaux écrivains britanniques de sa génération. Comme écrivain, intellectuel et enseignant, Caryl Phillips a fondamentalement contribué à ouvrir les yeux de la Grande-Bretagne sur sa propre hétérogénéité, favorisant la compréhension des identités complexes et des sociétés multiculturelles.

Né sur l’île de Saint-Kitts dans les Caraïbes, il n’a que quelques semaines lorsque ses parents émigrent vers l’Angleterre. Il étudie la littérature anglaise à l’Université d’Oxford à partir de 1976. Sa carrière littéraire débute dès l’obtention de son diplôme à Oxford en 1979, quand il commence à écrire des scénarios pour le théâtre et la radio, ainsi que la télévision et le cinéma. Ces textes témoignent immédiatement d’une écriture talentueuse et se concentrent sur le sort des migrants des Caraïbes arrivés en Angleterre.

Romancier, dramaturge et essayiste, Caryl Phillips est aussi un professeur renommé, qui a d’abord enseigné la littérature anglaise au Amherst College (Massachussetts) au début des années nonante avant de devenir professeur au Barnard College de la Columbia University à New-York. Il est depuis une dizaine d’années professeur de littérature anglaise  à l’Université de Yale.

Les premiers romans de Caryl Phillips, The Final Passage (1985) et A State of Independence (1986) abordent de façon subtile les questions existentielles posées par les migrants des Caraïbes vers l’Angleterre, vues à la fois depuis leur lieu de naissance et depuis la « mère patrie ». Ces textes posent les jalons d’une œuvre foisonnante qui ne cessent d’examiner sous une forme littéraire originale et audacieuse le sens profond des « origines », des « appartenances » et des « exclusions » et propose une approche de l’ « Autre » tout empreinte de compassion.

Les romans suivants élargissent l’exploration psychologique et historique de la rencontre des cultures et de la vie de membres de la diaspora (Cambridge, 1991 ; Crossing the River, 1993), mais traitent aussi de l’Holocauste (The Nature of Blood, 1997) ainsi que de la présence noire en Europe et aux États-Unis dans Higher Ground (1989), A Distant Shore (2003) et Dancing in the Dark (2005). Dans In the Falling Snow (2009), Caryl Phillips propose une exploration sensible de la vie de trois générations d’hommes anglo-caribéens et de leurs expériences respectives de l’Angleterre.

En tant qu’essayiste, Caryl Phillips quitte la fiction pour analyser ces questions litigieuses que sont l’amnésie de la Grande-Bretagne en ce qui concerne son implication dans la traite esclavagiste, le manque de reconnaissance de la présence noire dans les sociétés occidentales et, plus généralement, le rôle que l’histoire et la littérature peuvent jouer pour nous aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Les récits de voyage, The European Tribe (1987) et The Atlantic Sound (2000) sont une critique du racisme européen et de l’absence de reconnaissance de l’esclavage. Le récit biographique Foreigners : Three English Lives (2007) traite également de ce thème.

L’œuvre de Caryl Phillips a été couronnée de plusieurs prix prestigieux dont le Martin Luther King Memorial Prize et le Commonwealth Writers’Prize.

 

Quelques références utilisées pour la rédaction de cette notice