Si Liège, son Université et ses Hautes Ecoles, peuvent être fiers de voir un premier satellite entièrement liégeois s’envoler dans l’espace (en wallon « on lîgwè d’vin lè steul » comme l’a écrit Théo Pirard), l’ULg et son Centre Spatial de Liège (CSL) sont aussi très directement concernés par le gros satellite de 2 300 kg , Sentinel 1B, qui accompagne OUFTI, et qui bénéficie lui aussi du savoir –faire liégeois. En effet, ce satellite européen emporte un radar (SAR, Synthetic Aperture Radar) qui va observer la terre par tous les temps et dont les observations sont décryptées et exploitées grâce à des algorithmes développés par le groupe SAR de CSL.

Les satellites européens SENTINEL

VS14 Remplisage SENTINEL-1B au S3B le 06/04/2016

Dans le cadre du programme Copernicus, les Communautés Européennes ont décidé de « doter l’Europe d’une capacité opérationnelle et autonome d’observation de la Terre ». Cinq groupes de satellites, appelés Sentinel (Sentinel 1 à Sentinel 5), sont construits sous la responsabilité de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), chaque groupe étant chargé d’observations très spécifiques de la terre et de son atmosphère. Dans chaque groupe, plusieurs (4) satellites seront lancés à intervalles réguliers de façon à augmenter la fréquence des observations.

Ce programme européen ambitieux est destiné à poursuivre, avec des instruments plus performants en résolution spatiale, spectrale et temporelle, les observations du très gros satellite européen ENVISAT (8 tonnes- taille d’un autobus) qui a, avec succès, observé la terre et son atmosphère, de 2002 à 2012.

Le CSL et l’observation de la Terre

Notons d’abord que deux des dix instruments, MERIS et GOMOS, à bord du satellite ENVISAT, ont été longuement testés à CSL.

En plus des softwares décrits ci-dessus pour les satellites Sentinel 1, dans les satellites Sentinel 2, les instruments MSI (Multi Spectral Instrument), construits par Airbus Defense and Space, Toulouse, sont testés à CSL.

Le premier des satellites Sentinel 3, 3A, a été lancé il y a deux mois, le 17 février dernier. Il emporte un instrument appelé OLCI (Ocean and Land Colour Instrument). CSL a été responsable de la conception, de la fabrication, de la qualification et de la fourniture du mécanisme de calibration de l’instrument OLCI.

La mission Sentinel-4 avec l’instrument UVN (Ultraviolet- Visible- Near infrared) sera embarquée sur les satellites météorologiques géostationnaires MTG (Météosat de Troisième Génération).en 2017. CSL a été chargé de réaliser le système de calibration en vol de UVN.

TROPOMI (TROPOspheric Monitoring Instrument) est un spectromètre construit par Airbus Defense and Space, Pays-Bas. Les très longs et complexes tests thermiques et de vibration de cet instrument ont été réalisés avec succès à CSL en 2014-2015. Cet instrument sera une charge utile importante du dernier des satellites Sentinel, Sentinel 5 P, avec P comme Precurseur, qui devrait être lancé en fin de cette année.

Pour résumer les apports du CSL aux observations de la terre et de son atmosphère, on peut dire que

  • celui-ci est impliqué dans ces observations depuis le début de ce siècle et
  • qu’il participe activement à une série d’instruments dans tous les satellites SENTINEL, qui vont assurer notre sécurité écologique et le développement durable de notre planète dans les prochaines décennies.