Santé humaine, santé animale : les talents cachés des bactéries intestinales 

Etudes du professeur Patrice D. Cani : les micro-organismes et la santé humaine

Patrice D. Cani, de par ses travaux, illustre à lui seul l’avenir de la recherche biomédicale en relation avec les micro-organismes qui nous entourent.   Il a pu démontrer l’association de certaines composantes du microbiote digestif avec des maladies métaboliques telles que le diabète de type 2 et l’obésité.  Il a surtout pu expliquer certains des mécanismes sous-jacents, ouvrant ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques ou prophylactiques.  Ses travaux ont été publiés dans les meilleures revues scientifiques, participant ainsi au lancement d’un nouveau champ d’études axées sur l’interaction entre le monde microbien qui nous entoure et l’homme ou l’animal, s’intégrant dans le nouveau concept de l’« interactome ».

L’influence des micro-organismes : à la fois sur la santé humaine et sur la santé animale

 En effet, le temps est révolu où on croyait au déterminisme mono factoriel des maladies atteignant l’homme et les animaux : 

Que ce soit pour les maladies infectieuses elles-mêmes mais aussi dans le cadre des maladies métaboliques ou même mentales, l’influence des micro-organismes résidant dans la proximité immédiate de l’hôte est de plus en plus souvent démontrée.

Ce concept peut s’étendre à tous les écosystèmes microbiens qui sont en échanges constants avec leur environnement quel qu’il soit.  Des exemples commencent à apparaître partout. On sait depuis longtemps que la diversité microbienne est essentielle pour la gestion de l’environnement au sens large ainsi que pour la maîtrise de la qualité des aliments et de l’alimentation.  Cependant les explications à ces phénomènes ne sont que fragmentaires et demandent encore de nombreuses recherches multidisciplinaires.

A l’ULg, la métagénomique et la métagénétique pour étudier la microflore des aliments

La Faculté de Médecine vétérinaire et sa nouvelle unité de recherche FARAH, ont été, depuis 2009,  pionnières dans l’étude des microbiotes bactériens et fongiques par la technique de métagénomique ciblée ou métagénétique mettant en oeuvre les séquenceurs d’ADN de nouvelle génération.  Au départ du laboratoire de microbiologie des denrées alimentaires qui a adopté les protocoles disponibles en recherche fondamentale pour étudier la microflore des aliments et ses conséquences en termes de sécurité sanitaire et de conservation des aliments périssables, elle a développé, avec l’aide de la société spin-off de l’ULg « Quality Partner sa » une approche méthodologique innovante qui fait l’objet de deux demandes de brevets.  L’avantage majeur est que les techniques analytiques et de traitements bioinformatiques  et biostatistiques mises en oeuvre s’appliquent, à quelques détails près, à tous les types d’échantillons et ouvrent ainsi un champ immense à l’investigation de ce domaine de connaissance presque inexploré à ce jour. 

==> Depuis 2010, des dizaines de collaborations ont été nouées, en Belgique et à l’étranger, dans des domaines aussi variés que l’étude de la pollution des sols et des eaux de baignades, de la microflore des sols agricoles en passant par la caractérisation de nombreux écosystèmes microbiens naturels ou dirigés d’aliments pour aboutir à l’étude du microbiote des animaux et de l’homme, en relation souvent à des pathologies mal connues ou difficilement maîtrisées.  Ces travaux collaboratifs ont permis la publication de dizaine d’articles originaux ces trois dernières années.

Nutrition animale, nutrition humaine : 2 approches complémentaires !

Ces travaux ont notamment permis de lancer de nombreux programmes de recherche au sein de FARAH et de l’ULg concernant la nutrition animale et humaine, le déterminisme des maladies infectieuses, l’interaction de l’agent pathogène avec son hôte sans oublier la biopréservation des aliments et l’optimisation des aliments qui ont été les moteurs initiaux de ces recherches.  Comme l’a fait brillamment Patrice Cani dans le cadre de ses études sur l’obésité, la compétence et la complémentarité des équipes de l’ULg doivent leur permettre de découvrir d’autres pans des mystères qui entourent encore les interactions du monde microbien avec son environnement au sens large.

Lien utile :

Faculté de Médecine vétérinaire